Et si vos travaux de rénovation étaient l’occasion de rendre votre logement plus résilient ? Premier risque naturel majeur, l’inondation expose nos logements à de nombreuses dégradations. Les travaux de rénovation peuvent permettre d’anticiper ce risque. Un élément malheureusement trop souvent oublié lors des projets de rénovation.

Comment définir l’inondation ?
L’inondation est une submersion temporaire par l’eau de terres qui ne sont pas submergées en temps normal.
Elle peut avoir plusieurs origines :
- Débordement d’un cours d’eau
- Remontée d’une nappe phréatique
- Ruissellement en milieu urbain ou en milieu rural
- Submersion marine
En France, ce phénomène est le premier risque naturel majeur par l’importance des dommages et le nombre de communes concernées.
- ¾ des communes touchées par un phénomène de ruissellement
- 17 millions d’habitants potentiellement exposés au risque de débordement de cours d’eau
- 1,4 million d’habitants potentiellement exposés au risque de submersion marine
Ces chiffres sont susceptibles d’augmenter avec les effets du changement climatique !

Votre logement est-il concerné ?
La première chose est de bien comprendre si votre logement est en zone inondable.
- En mairie : le document d’information sur les risques majeurs, le DICRIM
- Le plan local d’urbanisme (PLU) (Géoportail-urbanisme.gouv.fr)
- Le plan de prévention des risques inondation (PPRI) en Ile-de-France
- Auprès de votre intercommunalité
- Sur le site https://errial.georisques.gouv.fr/#/
- Auprès du syndicat qui entretient la rivière qui traverse votre commune (ex. : https://syndicatdelorge.fr/)
Comment les travaux de rénovation peuvent réduire la vulnérabilité du logement
Les travaux de rénovation peuvent être l’occasion, pour le particulier, de prendre en compte le risque d’inondation et d’en réduire la vulnérabilité. Si votre logement se situe dans un périmètre particulièrement exposé au risque, voici une liste d’actions à considérer :
- Disposer d’une zone refuge au-dessus de l’inondation
- Prévoir une sortie à l’extérieur par le toit, avec une fenêtre minimum d’un mètre carré
- Prévoir un dispositif permettant de clôturer piscines et bassins pour éviter les chutes de personnes
- Positionner le tableau électrique et les équipements fixes sensibles (chaudière) au-dessus du niveau d’inondation le plus haut déjà connu
- Proscrire les volets électriques (sans électricité, on ne pourra plus les ouvrir, les occupants ne pourront pas sortir)Eviter les matériaux hydrophilesProtéger les fondations contre les risques d’affouillementPrévoir un système pour occulter les trappes du vide sanitaire et les orifices d’aérationS’équiper de batardeaux permettant de protéger l’ensemble des menuiseries exposées.Installer des clapets anti-retours sur les réseaux d’évacuation des eaux usées ou des eaux pluviales
- S’il y a un vide sanitaire, en permettre la visite pour s’assurer de la bonne évacuation de l’eau, de l’absence de boue, et faciliter l’observation d’éventuels dommages structurels sur les murs et le plancher porteurs
- Arrimer les cuves aériennes en extérieur à un radier, et mettre un évent pour empêcher la pénétration de l’eau
Si les bâtiments ne sont pas bien préparés à supporter une inondation leur remise en état peut prendre jusqu’à 18 mois !
Demandez conseil !
Tout professionnel – maître d’œuvre, entreprises, …- qui intervient sur un bâtiment en zone avec risque d’inondation, doit s’informer sur l’existence du risque, le cas échéant, alerter le maître d’ouvrage et proposer des travaux adaptés en l’informant
qu’il pourrait y avoir des dispositions complémentaires à prendre pour les autres parties du bâtiment.
Une aide financière : le fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit « fonds Barnier »
Face à des catastrophes naturelles toujours plus fréquentes et intenses, le fonds Barnier a pour vocation de préserver les vies humaines menacées gravement, et de
subventionner des mesures de prévention ou de protection des personnes et des biens exposés aux risques naturels majeurs. Il s’agit d’un levier indispensable pour contribuer à l’adaptation des territoires au changement climatique. Ce fonds peut être mobilisé par les collectivités territoriales, les petites entreprises, les particuliers, les établissements publics fonciers et les services de l’État.
Quelques liens utiles :
https://errial.georisques.gouv.fr/#
https://qualiteconstruction.com/wp-content/uploads/2024/05/Plaquette-Renover-
Zone-Inondable-Bonnes-Pratiques-AQC.pdf
https://www.georisques.gouv.fr/etre-accompagne/le-soutien-financier-du-fonds-barnier-0

L’adaptation au changement climatique est la démarche d’ajustement au climat actuel ou à venir, ainsi qu’à ses conséquences. Il s’agit à la fois de réduire les effets préjudiciables du changement climatique tout en en exploitant certains.
L’Alec Ouest Essonne met à disposition des élus ses ressources et son ingénierie (études, diagnostics, financements), pour apporter, aux communes qui la sollicite, un accompagnement sur-mesure pour l’adaptation du territoire au changement climatique.

Alexandre BARBERON
Conseiller en rénovation énergétique – Référent adaptation au changement climatique

